Le 12 avril 1939 le gouvernement Daladier promulgue un décret instituant la création des Compagnies de travailleurs étrangers dans le cadre des mesures régissant les lois de recrutement et la loi sur l'organisation de la nation en temps de guerre. L'extension aux étrangers bénéficiant du droit d'asile des obligations imposées aux Français permet de les incorporer dans les CTE . Ce décret ne sera abrogé que le 23 avril 2008 .1
Le décret propose aux étrangers, Espagnols, Juifs Allemands, Autrichiens et Polonais, etc.., séjournant en France et bénéficiaire du droit d'asile d'apporter à l'armée des prestations sous forme de travail en remplacement du service militaire. Le service est fixé à la durée du service militaires des français. On appelle prestataires ceux qui font ce choix. 20 000 anciens miliciens volontaires travaillent ainsi pour le ministère de la guerre2.
L'entrée en guerre accélère le processus et 55 000 Espagnols internés dans les camps rejoignent les rangs des prestataires dans les Compagnies 40 000 autres travaillent dans l'industrie ou l'Agriculture 6 000 s'engagent dans l'armée et 3 000sont déclarés inaptes ou communistes hostiles à la guerre restent internés sur décision des préfets et des commissions de criblage. Selon l'historienne Anne Grynberg 200 000 personnes auraient à cette époque déjà quitté la France et seraient retournées en Espagne pour la plupart des réfugiés civils. "Il arrive que des internés soient placés devant un ultimatum : le rapatriement ou l'engagement dans la Légion étrangère3 ". Les Compagnies constituent donc une alternative pour certains.
Les Espagnols âgés entre vingt et quarante huit ans constituent donc les premiers contingents des CTE affectés aux abords de l'armée et aux travaux sur la Ligne Maginot et à la frontière italienne.
Après l'armistice et la démobilisation par une loi datant du 27 septembre 1940 les CTE deviennent des Groupements de Travailleurs étrangers-GTE.
L'article 1 de cette loi modificatrice du statut des travailleurs étrangers étend la tranche d'âge des travailleurs à intégrer et les conditions de criblage.
" Les étrangers de sexe masculin âgé de dix-huit à cinquante cinq ans pourront aussi longtemps que les circonstances l'exigeront, être rassemblés dans des groupements d'étrangers s'ils sont en surnombre dans l'économie française et si, ayant cherché refuge en France, ils se trouvent dans l'impossibilité de regagner leur pays."